Réservez un rendez-vous via doctolib

Pilule « inadaptée » : 40 % des femmes sont-elles concernées ?
Plus de 40 % des femmes auraient-elles une pilule ou une contraception inadaptée à leur risque cardiovasculaire ? Non : ce n’est pas ce que montrent les données actuellement abondamment relayées dans la presse.
Le chiffre de 40,7 % provient de l’Observatoire national de la Santé des Femmes et de données recueillies notamment dans le cadre du Bus du Cœur des Femmes. Il concerne une population spécifiquement dépistée parce qu’elle est particulièrement exposée aux facteurs de risque cardiovasculaire.¹
Ce résultat est important : il met en évidence des prescriptions de contraception œstroprogestative potentiellement inadaptées chez des femmes à haut risque et rappelle la nécessité de réévaluer régulièrement une contraception.
Mais il ne signifie pas que 40 % de toutes les femmes françaises, ni que 40 % de toutes les utilisatrices de pilule, ont une contraception contre-indiquée.

En bref : non, le chiffre de 40 % ne signifie pas que 40 % des femmes prennent une pilule médicalement inadaptée. Il provient d’une population particulière et ne peut pas être généralisé à toutes les utilisatrices. Voyons en détail d’où vient ce chiffre et ce qu’il permet réellement de conclure.
D’où vient le chiffre de 40 % de contraceptions « inadaptées » ?
Ce chiffre provient des données de l’Observatoire national de la santé des femmes (ONSF), constitué à partir des dépistages réalisés par le Bus du Cœur des Femmes. Parmi les 15 000 dossiers disponibles, l’analyse présentée en septembre 2026 porte plus précisément sur 1 062 femmes âgées de 15 à 55 ans utilisant une contraception. Dans cette population, 40,7 % des prescriptions de contraception œstroprogestative étaient considérées comme inadaptées au regard des facteurs de risque cardiovasculaire identifiés ; ce chiffre approchait 60 % lorsque les antécédents cardiovasculaires familiaux étaient également pris en compte.
Mais cette population n’est pas représentative de l’ensemble des utilisatrices de contraception en France : le Bus du Cœur des Femmes cible précisément des femmes en situation de vulnérabilité et présentant fréquemment plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire.
Ces chiffres ont ensuite circulé dans la presse sous des formulations parfois beaucoup plus générales, pouvant laisser comprendre que « quatre femmes sur dix » auraient aujourd’hui une contraception inadaptée.
Or, il manque alors une information essentielle : qui sont les femmes étudiées ?
Le Bus du Cœur des Femmes : une démarche d’« aller-vers » une population à risque

Les données de l’Observatoire ne proviennent pas d’un échantillon de femmes tirées au sort dans l’ensemble de la population française.
Elles sont notamment recueillies grâce au Bus du Cœur des Femmes, dispositif créé par Agir pour le Cœur des Femmes pour proposer gratuitement un dépistage cardiovasculaire et gynécologique au plus près des personnes concernées.²
Son principe repose sur une démarche d’« aller-vers », particulièrement auprès de femmes en situation de vulnérabilité, éloignées du système de soins ou insuffisamment suivies.
Le parcours peut comprendre la mesure de la tension artérielle, la recherche de facteurs de risque métaboliques et cardiovasculaires, un électrocardiogramme, ainsi que des entretiens gynécologiques, diététiques, tabacologiques ou addictologiques. L’un des objectifs est ensuite de permettre, lorsqu’une anomalie ou une rupture de suivi est repérée, un retour dans un parcours de soins.²
C’est un dispositif particulièrement intéressant de santé publique.
Les populations les plus vulnérables, celles qui consultent peu ou rencontrent davantage de difficultés d’accès aux soins peuvent être moins visibles dans certaines enquêtes classiques. Aller spécifiquement vers elles permet de mettre en évidence des risques et des pertes de chance qui pourraient autrement rester sous-estimés.
Le fait que cette population ne soit pas représentative de toutes les femmes françaises n’est donc pas un défaut du Bus du Cœur : c’est en grande partie sa raison d’être.
Cela impose simplement de ne pas extrapoler directement ses résultats à toute la population.
Une population spécifique
Nous disposons d’ailleurs maintenant d’une publication scientifique sur les premières participantes au Bus du Cœur des Femmes.
Une étude prospective multicentrique publiée en 2025 a analysé les données de 4 300 femmes accueillies dans 20 villes françaises entre 2021 et 2022. Parmi elles, 90,2 % présentaient au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire ou métabolique. Plus de 70 % n’avaient jamais bénéficié d’un suivi cardiovasculaire et moins de la moitié étaient à jour de leur dépistage gynécologique.³
Ces résultats montrent tout l’intérêt du dispositif.
Mais ils montrent également pourquoi on ne peut pas transformer un résultat obtenu dans cette population en : « 40 % des femmes françaises ont une pilule inadaptée. ». Les données ne sont pas extrapolables à la population générale française.
« Pilule inadaptée » : de quelle contraception parle-t-on exactement ?
Autre simplification fréquente : parler de « la pilule ». Les données concernent les contraceptions œstroprogestatives, également appelées contraceptions hormonales combinées.
Elles associent un œstrogène à un progestatif et comprennent : certaines pilules contraceptives, le patch contraceptif combiné, l’anneau vaginal.
En revanche, une pilule uniquement progestative n’est pas une contraception œstroprogestative et ne possède pas le même profil de risque cardiovasculaire. Parler simplement de « pilule » entretient donc une confusion trompeuse entre des contraceptions différentes.
Facteur de risque et contre-indication : ce n’est pas exactement la même chose
C’est probablement le point le plus important pour comprendre les écarts entre les différents chiffres publiés.
Les recommandations internationales classent les contraceptions selon leur sécurité dans différentes situations médicales. L’Organisation mondiale de la santé utilise quatre catégories :⁴
Catégorie 1 : aucune restriction à l’utilisation de la méthode.
Catégorie 2 : les bénéfices sont généralement supérieurs aux risques.
Catégorie 3 : les risques théoriques ou démontrés sont généralement supérieurs aux bénéfices ; la méthode n’est habituellement pas recommandée lorsqu’une solution plus appropriée est disponible et acceptable.
Catégorie 4 : l’utilisation expose à un risque considéré comme inacceptable ; la méthode ne doit pas être utilisée.
La Haute Autorité de Santé reprend cette logique dans ses recommandations françaises sur la contraception chez les femmes présentant un risque cardiovasculaire.⁵
Cela signifie qu’avoir un facteur de risque cardiovasculaire n’équivaut pas nécessairement à présenter une contre-indication absolue à une contraception œstroprogestative.
Prenons un exemple : l’obésité avec un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m² est un facteur de risque cardiovasculaire à prendre en compte. Pourtant, prise isolément, elle est classée en catégorie 2 pour une contraception œstroprogestative dans les recommandations françaises : celle-ci reste donc généralement utilisable.⁵
À l’inverse, une migraine avec aura est classée en catégorie 4 pour les contraceptions œstroprogestatives. Il s’agit alors d’une véritable contre-indication.⁵
L’hypertension, le tabagisme après 35 ans, les antécédents thromboemboliques, certaines maladies cardiovasculaires ou l’association de plusieurs facteurs de risque peuvent également modifier fortement l’éligibilité à une contraception contenant des œstrogènes.⁴⁻⁵
Que trouvent les autres études sur les contraceptions réellement inadaptées ?
Les travaux publiés donnent des résultats très variables. Cette hétérogénéité montre surtout que la fréquence des prescriptions considérées comme inadaptées dépend fortement de la population étudiée, de la définition retenue et de la manière dont les contre-indications sont recherchées.
Étude américaine de 2013 : 23,7 % de catégories 3 ou 4, mais 9,3 % de catégories 4
Une étude américaine publiée en 2013 s’est intéressée à 2 963 utilisatrices de contraception hormonale combinée, âgées en moyenne de 29,3 ans. Cette population est donc nettement plus jeune que celle classiquement associée au risque cardiovasculaire.⁶
Parmi ces utilisatrices, 23,7 % présentaient au moins une situation classée en catégorie 3 ou 4 selon les critères d’éligibilité contraceptive.
Mais lorsque les auteurs ne considéraient que les situations de catégorie 4, c’est-à-dire celles dans lesquelles l’utilisation de la contraception expose à un risque considéré comme inacceptable, la proportion tombait à 9,3 %.⁶
Cette différence entre 23,7 % et 9,3 % illustre bien l’importance de préciser ce que l’on appelle une contraception « inadaptée » : une situation où les risques sont susceptibles de dépasser les bénéfices n’est pas équivalente à une contre-indication absolue.
Projet MyNewOptions : les contre-indications existent aussi chez les femmes jeunes
Le projet MyNewOptions a étudié 987 femmes âgées de 18 à 40 ans, dont près de la moitié avaient entre 18 et 25 ans.⁷
Dans cette population, 13 % présentaient une contre-indication médicale à l’utilisation d’œstrogènes. La migraine avec aura représentait de loin la situation la plus fréquente. Parmi les femmes présentant une contre-indication, 39 % utilisaient malgré tout une contraception hormonale combinée.⁷
Revue systématique de 2021 : des estimations allant de 5,9 % à 41,9 %
Une revue systématique publiée en 2021 a analysé 18 études portant sur l’utilisation de contraceptions hormonales combinées malgré des contre-indications définies selon les critères de l’OMS.⁹
Selon les études, la fréquence estimée de ces situations variait de 5,9 % à 41,9 %. Les contre-indications les plus fréquemment retrouvées concernaient notamment l’hypertension, les migraines et le tabagisme après 35 ans.⁹
Une amplitude allant d’environ 6 à 42 % montre bien qu’il est difficile de résumer cette question par un chiffre unique. Les résultats dépendent notamment de l’âge des participantes, de leur état de santé, du mode de recrutement, des informations médicales disponibles et de la distinction — ou non — entre catégories 3 et 4.
Contraceptive CHOICE Project : 6,9 % de contre-indications potentielles, mais 2,4 % après vérification
Une étude issue du Contraceptive CHOICE Project met en évidence un autre élément important : la différence entre le repérage initial d’un facteur de risque et la confirmation d’une véritable contre-indication.⁸
Parmi 1 010 femmes souhaitant utiliser une contraception hormonale combinée, 6,9 % déclaraient initialement une contre-indication potentielle. Après vérification des dossiers médicaux, seules 2,4 % avaient finalement une contre-indication confirmée.⁸
Entre l’identification d’un facteur de risque potentiel et la conclusion qu’une contraception est réellement contre-indiquée, une évaluation clinique précise reste nécessaire en consultation.
Alors, le chiffre du Bus du Cœur est-il inquiétant ?
Oui, dans la population qu’il étudie. C’est même ce qui fait tout l’intérêt de ces données.
Si une proportion importante de femmes particulièrement exposées aux maladies cardiovasculaires reçoit encore une contraception contenant des œstrogènes alors que leur situation médicale justifierait une autre méthode, il existe un véritable enjeu de prévention.
Le message pertinent n’est donc pas de considérer que l’étude « exagère » le problème.
Il est plutôt de conserver son contexte : le Bus du Cœur met en évidence un problème important chez des femmes à haut risque cardiovasculaire ; ses résultats ne permettent simplement pas d’estimer directement la fréquence du même problème chez toutes les femmes françaises.
Pourquoi une contraception doit-elle être réévaluée régulièrement ?
Une contraception adaptée à 20 ans peut ne plus l’être à 30 ou 40 ans.
De nouveaux éléments peuvent apparaître : hypertension, tabagisme, migraine avec aura, diabète, nouveau traitement, événement thromboembolique ou cardiovasculaire personnel, modification importante du poids ou découverte d’antécédents familiaux.
La Haute Autorité de Santé recommande ainsi de réévaluer les facteurs de risque lors des renouvellements de contraception.⁵
Un renouvellement de pilule n’est donc pas seulement une formalité administrative. Ce n’est jamais « juste une ordonnance », comme on l’entend souvent.
C’est l’occasion de vérifier que la contraception reste adaptée à la situation médicale actuelle, mais également aux besoins, aux préférences et aux priorités de la personne concernée.
Comment réduire le risque d’avoir une contraception inadaptée ?
À l’échelle individuelle, certains réflexes peuvent faciliter une prescription adaptée : signaler les changements de santé survenus depuis la dernière consultation, préciser ses migraines, son tabagisme, ses traitements ou ses antécédents personnels et familiaux, et apporter si possible ses anciennes ordonnances ou comptes rendus médicaux.
Mais la sécurité d’une prescription contraceptive ne repose évidemment pas uniquement sur la personne qui consulte. Il appartient aussi au professionnel qui prescrit ou renouvelle une contraception de rechercher les contre-indications, de mesurer la tension artérielle lorsque cela est nécessaire, d’actualiser les facteurs de risque et de réévaluer régulièrement si la méthode reste adaptée.
Certaines difficultés sont également liées à l’organisation du système de soins. Dans les territoires où l’accès à un médecin, une sage-femme ou un gynécologue est difficile, obtenir un rendez-vous pour réévaluer une contraception ou simplement renouveler une prescription peut devenir compliqué. Les ruptures de suivi, les consultations très espacées ou le manque de temps médical peuvent alors favoriser le maintien d’une contraception qui n’a pas été réévaluée depuis plusieurs années.
Apporter son dossier et connaître ses antécédents peut donc être un levier utile à titre individuel, mais ce n’est qu’un élément parmi d’autres. La qualité de la prescription dépend aussi du temps consacré à l’interrogatoire, de la vigilance du prescripteur, de la continuité du suivi et, plus largement, de l’accès aux soins.
Faut-il arrêter sa pilule après avoir lu qu’elle pouvait être « inadaptée » ?
Non. Un article de presse ou la présence isolée d’un facteur de risque ne permet pas de déterminer si une contraception est contre-indiquée pour une personne donnée.
En revanche, si votre état de santé a changé depuis la prescription — apparition d’une migraine avec aura, diagnostic d’hypertension, reprise du tabac, événement thromboembolique, nouvelle maladie ou nouveau traitement notamment — il est pertinent de le signaler au professionnel qui assure votre suivi contraceptif.
Le choix d’une contraception repose sur une évaluation individuelle de ses bénéfices, de ses risques, de son efficacité et surtout des préférences de la personne qui l’utilise.
À retenir
Le chiffre de 40,7 % de contraceptions œstroprogestatives jugées inadaptées publié par Agir pour le Cœur des Femmes met en lumière un véritable enjeu de prévention cardiovasculaire.¹
Mais il concerne une population spécifiquement dépistée par le Bus du Cœur des Femmes, dans laquelle les facteurs de risque cardiovasculaire sont particulièrement fréquents.²⁻³
Il ne permet donc pas d’affirmer que « 40 % des femmes françaises ont une pilule inadaptée ».
Les études réalisées dans d’autres populations trouvent des proportions très variables. Chez des utilisatrices de contraception combinée âgées en moyenne d’environ 29 ans, une étude retrouvait par exemple 23,7 % de situations classées en catégories 3 ou 4, mais 9,3 % de véritables catégories 4.⁶
La bonne question n’est donc probablement pas : « Est-ce que ma pilule fait partie des 40 % ? » mais plutôt : « Ma contraception est-elle toujours adaptée à ma santé, à ma situation actuelle et à mes préférences ? »
Questions fréquentes
Est-ce que 40 % des femmes ont une pilule contre-indiquée ?
Non. Le chiffre de 40,7 % provient d’une population spécifiquement dépistée parce qu’elle présente un risque cardiovasculaire élevé. Il ne peut pas être extrapolé directement à l’ensemble des femmes françaises.
Qu’est-ce qu’une contraception œstroprogestative ?
Une contraception œstroprogestative associe un œstrogène et un progestatif. Elle peut prendre la forme d’une pilule combinée, d’un patch ou d’un anneau vaginal. Une pilule uniquement progestative n’appartient pas à cette catégorie.
Quels problèmes de santé peuvent contre-indiquer une pilule combinée ?
Cela dépend de la situation. Une migraine avec aura constitue notamment une contre-indication aux contraceptions œstroprogestatives (bien que des études très récentes laisse présager une futur assouplissement de la contre indication pour certain.e.s). Une hypertension importante, certaines maladies cardiovasculaires ou thromboemboliques, le tabagisme après 35 ans et l’association de plusieurs facteurs de risque peuvent également conduire à ne pas les utiliser.⁴⁻⁵
Une contraception peut-elle devenir contre-indiquée alors qu’elle ne l’était pas auparavant ?
Oui. L’état de santé et les facteurs de risque évoluent au cours de la vie. C’est l’une des raisons pour lesquelles le choix contraceptif doit être réévalué lors du suivi et des renouvellements.⁵
Bibliographie
1. Agir pour le Cœur des Femmes. Contraception et risque cardiovasculaire : plus de 40 % des prescriptions de contraception œstroprogestative sont contre-indiquées. Communiqué de presse, 28 septembre 2026.
2. Agir pour le Cœur des Femmes. Le Bus du Cœur des Femmes. Présentation du dispositif de dépistage et de prévention.
3. Jouffroy M, Devos P, Drilhon T, Mounier-Vehier C. The “Women’s Heart Bus”: the first French initiative for the prevention of cardiovascular and gynaecological risk in women, prospective multicentre analysis of 4,300 participants. Journal of Gynecology Obstetrics and Human Reproduction. 2025;54(7):102983. doi:10.1016/j.jogoh.2025.102983.
4. World Health Organization. Medical eligibility criteria for contraceptive use. 6th edition. Geneva: WHO; 2025.
5. Haute Autorité de Santé. Contraception chez la femme à risque cardiovasculaire. Recommandation de bonne pratique. 2019.
6. Yu J, Hu XH. Inappropriate Use of Combined Hormonal Contraceptives for Birth Control Among Women of Reproductive Age in the United States. Journal of Women’s Health. 2013;22(7):595-603. doi:10.1089/jwh.2012.3955.
7. Lauring JR, Lehman EB, Deimling TA, Legro RS, Chuang CH. Combined hormonal contraception use in reproductive-age women with contraindications to estrogen use. American Journal of Obstetrics and Gynecology. 2016;215(3):330.e1-330.e7. doi:10.1016/j.ajog.2016.03.047.
8. Xu H, Eisenberg DL, Madden T, Secura GM, Peipert JF. Medical contraindications in women seeking combined hormonal contraception. American Journal of Obstetrics and Gynecology. 2014;210(3):210.e1-210.e5. doi:10.1016/j.ajog.2013.11.023.
9. Houvèssou GM, Farías-Antúnez S, da Silveira MF. Combined hormonal contraceptives use among women with contraindications according to the WHO criteria: a systematic review. Sexual & Reproductive Healthcare. 2021;27:100587. doi:10.1016/j.srhc.2020.100587.
Publié le 29 septembre 2026 par Célia OSSWALD
Dernière modification le 29 septembre 2026


